Sauvegarde des espèces

Ce site est dédié aux protecteurs des busards de France et d’ailleurs, pour faire savoir le pourquoi et le comment de leurs actions. 

A l'origine, les actions de protection des nichées des rapaces sont nées de l'action du F.I.R. ( Fonds d'Intervention pour les Rapaces ), aujourd'hui intégré dans la L.P.O. . A la fin des années 1970, les premiers busardiers ont demandé aux agriculteurs d'accepter de laisser un espace non moissonné autour des nichées. 

Un résumé des actions est consultable sur ce lien.

Pourquoi faut il sauvegarder les busards ?

A l’origine, les Busards nichaient dans les milieux naturels, landes, marais et steppes herbacés.

Aujourd’hui, ces milieux naturels ont quasiment disparu de France et de l’ouest de l’Europe, modifiés  en pinède ou autre plantation par les forestiers, ou par  les agriculteurs en prairies cultivées et en champs de céréales*.

*A titre d’exemples, les oiseaux nichant dans les milieux naturels se sont raréfiés depuis les années 70-80. Dans la dernière décennie, les effectifs en landes de Bretagne se comptent à ?25 couples BSM et ?35 c. BC. Dans les marais de l’Ouest, les dernières colonies se sont éteintes en Charente-Maritime (Rochefort, Brouage, Seudre…). Les landes de Gascogne plantées en résineux posent aussi des problèmes de destruction des nichées par débroussailleuses. Dans le Rhône, les cendrés se raréfient malgré des mesures de maîtrise et de gestion des friches. De nombreuses autres régions sont dans le même constat. Ainsi il ne reste que 10 à 15 % des nids en milieux non touchées par les travaux agricoles ou sylvicoles.


Les Busards, qui nichent au sol, ont adopté ces cultures qui ressemblent au printemps aux couverts végétaux herbacés naturels.


Et depuis cette période, les fauches ou les moissons font périr une proportion croissante des poussins, menaces en lien avec l’avancement dans la saison des travaux agricoles de mai (les fauches) à début du mois de juillet (les moissons des céréales). 

Comment les protéger ?

Pour éviter les nichées déchiquetées par les machines agricoles, les protecteurs ont expérimenté différentes méthodes de protection (réimplantations du nid après travaux, déplacement, bottes de paille, canisses, grillages, cages grillagés, double grillage en cas de menaces de prédation, etc…).
Les différentes actions qui se succèdent dans la saison (repérages, recherches des exploitants agricoles, demandes de protection, recherche des nids, poses des grillages,…) prennent en moyenne cumulée des périodes de terrain entre une  journée et demie et trois journées de 8h environ par nid pour un protecteur expérimenté. Pour les « cadors » de l’activité, qui suivent entre 10 et 30 nids (et parfois plus !), le temps de loisirs est fortement affecté par cette action consommatrice en temps au printemps et en été.


Témoignage

Depuis 1981, l’auteur de ce site web recherche, observe les oiseaux à distance, et de plus en plus souvent, doit intervenir pour sauver les jeunes qui ne volent pas encore lors des travaux agricoles.
A titre personnel, voilà 40 ans que j’ai découvert le problème, et que j’agis auprès des agriculteurs ou les propriétaires de terrain pour sauver les poussins avant qu’ils ne soient broyés par les machines. Dans une première période, une étude démographique de l’espèce a permis sur une vingtaine d’années de mieux connaître la biologie de reproduction et la dispersion du Busard cendré, par un programme personnel de marquage alaire. En parallèle la protection de jachères ou de friches dans certaines parcelles des marais littoraux de Charente-Maritime a permis de préserver les nichées avec un minimum d’interventions. (article Charente-Maritime)
Dans un deuxième temps, dans le Poitou, nous avons suivi le Busard Saint-Martin et le Busard cendré qui font leur nid en grande majorité dans les céréales (orge, blé). Plus de la moitié de leurs jeunes s’envolent après la date des moissons, si une protection est pratiquée. Le but de notre action est d’étendre la protection à un plus grand nombre de nids, estimé à plus de 200 de Busard cendré et autant de busard Saint-Martin dans le département de la Vienne. (pdf 2018)